6.  La préparation

 

 

Dans la plupart des cas, une fois que l'on a ses habitudes de marche, la préparation consiste à réunir les informations sur la météo, le ravitaillement et, éventuellement, les hébergements ainsi qu'a se procurer les cartes, les traces gpx et à préparer son plan de marche.

 

La météo.

 

Pour les dix jours à venir, n'importe qu'elle application de météo sur smartphone vous donnera des indications. Pour des statistiques sur les températures et la pluviométrie en France, vous pouvez consulter www.meteofrance/climat/france Pour le reste du monde, le site www.weatherbase.com en anglais est fiable.

 

Le ravitaillement.

 

La désertification des villages en France fait qu'on ne peut plus compter trouver du pain ou des provisions dans les petits villages: il faudra donc se rabattre sur les plus gros, quitte à téléphoner aux syndicats d'initiatives ou aux mairies en cas de doute pour demander des renseignements. Pensez aux jours de fermeture des magasins!

 

Si vous êtes sur un GR ou certains GRP, le topo guide indique en début de parcours les ressources des différentes étapes. Malheureusement, les éditeurs de la Fédération Françaises de Randonnée Pédestre en sont encore au papier et ne proposent pas grand chose d'utile sur le net: il faut donc acheter ou emprunter le guide (pensez aux bibliothèques). Pour éviter de porter ces guides, ont pourra les scanner en format pdf et les télécharger sur son téléphone.

 

De nombreux grand itinéraires (Via Alpina, GTJ, CDT, PCT, Te Araroha... ) ont un site internet dédié qui donne de nombreux renseignements et des liens utiles.

 

N'oubliez pas de faire une recherche sur le net: vous trouverez peut-être un blog ou un forum où votre projet est décrit (par exemple https://www.expemag.com/book/index).

 

Enfin pas de panique: s'il faut absolument de l'eau tout les jours, on peut très bien marcher plusieurs jours sans manger: en fait, passé le premier jour, ce n'est pas désagréable, au point que de nombreux stages de jeûne proposent des marches quotidiennes.

 

Les hébergements.

 

Là, je n'ai pas grand chose à dire dans la mesure où je marche presque exclusivement en autonomie et donc avec bivouac: voyez la section "ravitaillement" ci-dessus, les conseils de base sont les mêmes. En haute saison, les réservations sont souvent indispensables, en particulier en montagne.

 

Les cartes.

 

Si j'ai déjà indiqué que, sur le terrain, je préfère les cartes électroniques de l'IGN et de Back Country Navigator Pro, celles-ci ne sont pas commodes pour avoir une vue d'ensemble: là, rien ne vaut une bonne carte papier. Celles au 50/000, qui étaient parfaites pour cela, ne sont plus éditées, mais on trouve une série au 75/000 qui peut convenir. Celles au 25/000 sont trop détaillées et font à mon avis double emploi avec les cartes électroniques. Là aussi, certaines bibliothèques ont des collections utiles qui évitent les dépenses.

 

Pour le reste du monde, la situation est très variable: les sites dédiés aux grands itinéraires proposent parfois d'excellentes ressources, comme ceux du PCT ou du CDT aux USA, et parfois pas grand chose d'utilisable, comme pour la Traversée de l'Himalaya. Une seule solution: Internet et de la patience.

 

La lecture de photos satellites (Google Earth par exemple) est très trompeuse pour les non initiés: il est en particulier très facile de voir une crête là ou il y a une vallée et réciproquement. par ailleurs, les chemins sont presque toujours invisibles. Pour les marcheurs, ces ressources sont peu utiles.

 

La Balise de détresse

Dans les lieux non couvert par le réseau téléphonique, elle permet d'appeler les secours en cas  d'urgence vitale. La plus utilisé (aux USA) est la Garmin In Reach mini (REI, 350$, 100gr) qui a l'avantage de pouvoir se synchroniser avec un smartphone pour envoyer et recevoir de courts messages via satellite en plus de sa fonction première qui est d'appeler au secours, toujours via satellite; inconvénients : elle nécessite de plus un abonnement payant et sa batterie ne tient que 50h en mode tracking. Il existe d'autres modèles Garmin ou Spot. Pour ma part, j'utilise la balise Fast Find Ranger (modèle plus récent: Fast Find 220) de Vaima: elle ne sert qu'a appeler au secours via satellite, mais sa batterie dure 5 ans en attente et elle nécessite un enregistrement gratuit mais pas d'abonnement payant (Internet, 275€ 165gr).

 

 


 

Les traces GPX.

 

Plusieurs sites dédiés proposent des traces GPX (chercher "traces gpx" sur internet), mais il faut bien se rappeler qu'il s'agit de traces offertes par les utilisateurs sans aucun contrôle: le meilleur peut voisiner avec le pire. Là aussi, commencer par voir les sites dédiés spécifiquement à chaque grand itinéraire y compris, pour la France, le site payant https://boutique.ffrandonnee.fr/gr-access

 

Les traces GPX sont précieuses en cas de mauvais temps ou sur des itinéraires difficiles et elles offrent de plus une lecture facile des dénivelés, mais sur la plupart des itinéraires, balisés ou non, une carte électronique avec gps, une boussole et un peu de bon sens suffisent très largement. Par ailleurs, en France, les GR, GRP et souvent les randonnées locales sont déjà indiqués sur les cartes.

 

Préparer son plan de marche

 

Cette étape peut prendre quelques minutes ou quelques jours. Sur un GR ou GRP, la simple lecture du topo permet d'estimer les étapes, les ravitaillements et les hébergements si on en souhaite. Sur un itinéraire long, difficile ou peu connu, il peut devenir nécessaire d'établir un véritable plan de marche prévoyant le kilométrage, le dénivelé, le temps de marche, le temps entre les ravitaillement et les dates de ravitaillement et de repos.

 

Je vous propose une feuille Excel téléchargeable ci-dessous qui permet cela et dont voici d'abord l'image:

 

Télécharger
plan de marche.xlsx
Feuille de calcul Microsoft Excel 23.4 KB

Pour l'utiliser, il faut remplir les cases en jaune et commencer par indiquer dans les cases jaunes du haut sa vitesse moyenne à plat (entre 3 et 6 Km/h), le nombre d'heures de marche effectivement par jour et combien de mètres de dénivelés vous faites en une heure (entre 200 et 500).

 

Ensuite, il faut remplir à la première ligne l'étape de départ, un kilométrage (n'importe lequel, par exemple 0) et la date de départ.

 

Puis, ligne par ligne, il s'agit d'inscrire l'étape d'arrivée avec le kilométrage par rapport à la ligne de départ (dans notre exemple 45: attention, ce n'est pas la longueur de l'étape mais bien le kilométrage depuis le début de la marche), dans la colonne "+/-" les éventuels détours ou raccourcis et dans la colonne "déniv" le dénivelé total de l'étape en mètres. Enfin, dans la colonne "Né" (néro, comme presque zéro) marquer 1 si on veut s'arrêter pour la nuit à l'étape de ravitaillement (rien dans le cas contraire) et 1, ou plus, dans la case "Zé" (zéro= pas de marche) si on souhaite faire des jours complets de repos à cet endroit. Ces deux colonnes se colorent en vert si on y inscrit quelque chose

 

La feuille vous indique alors le nombre de kilomètres les heures de marche pour arriver à cette étape, le nombre de jours de marche, la moyenne de mètres montés par kilomètre sur cette étape (M/Km), la fraction de journée restant à l'arrivée à l'étape (rp), la date et le jour d'arrivée et la date de départ. Les colonnes suivantes peuvent être utilisées pour inscrire des notes sur l'étape (magasins, poste, transports, hébergements...).

 


 

La préparation physique

 

La marche est une entreprise de longue haleine: pas la peine d"'arriver dans une forme olympique, vous aurez tout le temps d'acquérir vos jambes de marcheurs... en marchant, ce qui reste la meilleure préparation. Il faut tout de même démarrer dans de bonnes conditions. Pour cela, je conseille:

  • une visite chez votre ostéopathe pour (re)mettre votre structure osseuse bien en équilibre.
  • si vous avez un déséquilibre de posture, même très léger, faites-vous faire des semelles sur mesure par un podologue du sport.
  • de vous assurer que vous pouvez faire au moins 25 Km avec un sac de 10kg sans trop de fatigue. Dans le cas contraire, marchez, marchez, marchez: rien de mieux pour vous préparer.
  • Si vous avez des craintes sur la solidité de vos genoux et/ou chevilles, bien que n'étant pas médecin, je me permet de conseiller la pratique du vélo: les efforts sans a-coups qu'il permet m'ont personnellement guéri de tendinites récurrentes.
  • vous allez perdre quelques kilos en cours de route: il n'est pas idiot de commencer avec un léger surpoids (léger hein, du genre 2-4Kg).
  • en fonction de votre âge et de votre sportivité, comptez entre 10 et 15 jours de marche pour arriver au meilleur de votre forme; durant cette période, augmentez progressivement votre kilométrage sans tenter un démarrage foudroyant.
  • Si vous avez déjà une excellente forme physique... méfiez-vous. La tentation est forte de partir très vite mais une telle tactique conduit souvent à l'épuisement au bout de 3-4 semaines et à l'abandon; cet accident est plus fréquent chez les jeunes marcheurs sportifs et impatients.

 

Voilà, vous en savez assez pour bien profiter de votre marche: maintenant, allez mettre ves chaussures et partez!