4.2  Matelas et sac de couchage

 

Les deux vont ensemble car un bon sac sans matelas revient à faire du ski avec un seul gant: ils forment un ensemble.

 

Le marcheur dont nous parlons dans ce guide n'aura sans doute jamais à affronter des température inférieures à -5°: je me limite aux combinaisons répondant à ce besoin. Comme toujours, il faut du matériel léger, adapté à la température et compressible. S'il peut servir aussi en partie dans la journée, c'est encore mieux.

 

Matelas

Les critères de choix d'un matelas sont son isolation, son confort, son encombrement, son poids et sa solidité.

 

L'isolation d'un matelas est souvent exprimée par sa résistance thermique "R" qui dépend de la nature du matériau et de son épaisseur. Plus le coefficient R est élevé, plus l'élément est isolant. Si vous additionnez deux couches d'isolants, les valeurs R s'additionnent. Attention cependant aux isolants remplis d'air comme le duvet: comme ce n'est pas le duvet qui isole mais l'air qu'il emprisonne, l'isolation qu'il offre tombe à presque rien s'il est compressé, aplati par votre poids. De même, le coefficient R d'un matelas gonflable baisse si, pour plus de confort, vous ne le gonflez à bloc. Un matelas 3 saisons doit offrir un coefficient R au moins supérieur à 2, de préférence 2,5 ou 3.

 

Le matelas peut être en mousse ou gonflable. Le matelas en mousse est bon marché et indestructible, mais il est volumineux, peu confortable, assez peu isolant et pas particulièrement léger pour l'isolation qu'il fournit. Il se roule ou se plie en accordéon et ne peut raisonnablement être attaché qu'à l'extérieur du sac.

 

Les matelas gonflables ont fait d'énormes progrès: certains modèles sont désormais légers, isolants et confortables, mais pas tous et le choix est délicat (Cf le comparatif d'expemag https://www.expemag.com/review/fr/list?type=mattress). A priori, je ne parle pas des autogonflants qui, pour économiser deux minutes de gonflage, vous infligent un surpoids et un volume conséquents. De même, certains fabriquant vous proposent une pompe de gonflage: franchement, si vous ne pouvez pas gonfler un matelas avec vos poumons, vous n'êtes pas prêt d'arriver en haut de la côte!

 

Le gros inconvénient des gonflables est leur prix et la la possibilité d'une crevaison souvent difficile à réparer sur le terrain car peu détectable. Il ne faut cependant pas exagérer: en plus de 250 nuits sur mes matelas, je n'ai crevé qu'une seule fois (en faisant attention où je le mettais). Ma solution pour minimiser les risques est de prendre un gonflable court, plus léger, et de le compléter par un bout de matelas de mousse d'environ 60cm qui sert pour les pieds, comme sous-cul dans la journée et de matelas de secours en cas de crevaison.

 

 Voici un petit tableau pas exhaustif du tout pour vous aider:

 

type

marque

modèle

R

Gr

longueur

volume

confort 1-10

prix

gonflable

nemo

Tresor Mummy 20R

3,5?

235

122

0,6 L

8

95 €

gonflable

Therm-a-rest

Neoair X-lite court

3,2

260

120

0,8 L

8

105 €

gonflable

exped

airmat HL

1,9

314

182

0,7 L

8

95 €

gonflable

Therm-a-rest

Neoair X-lite

3,2

340

183

1,1 L

9

150 €

gonflable

nemo

Tresor Mummy 20R

3,5?

388

188

0,8 L

9

140 €

gonflable

exped

Synmat HL winter

5

428

182

2 L

10

200 €

mousse

Arkligh Desing

Arkmar 127

0,73

127

200

4,3x25x50

1

16 €

mousse

CAO

ep1,2

1?

235

180

18x50

2

10 €

mousse

Therm-a-rest

Ridge rest SOL reg

2,8

400

183

20x51

3

35 €

mousse

Therm-a-rest

Z-lite regular SOL

2,6

410

183

51x13x14

4

38 €

 

 

Une mention spéciale pour la marque Therm-a-rest qui offre une garantie à vie sur ses matelas gonflables et qui tient ses promesses sans discussion, j'en ai fait l'expérience (mais pas pour une simple crevaison naturellement). Seul inconvénient du NeoAir X-lite court que j'utilise, il est bruyant lorsqu'on bouge dessus. Therm-a-rest vient de sortir un nouveau matelas de 250gr en taille 183cm, tentant mais que je n'ai pas essayé et dont le tissu de 15D semble très léger (le néo-air a un tissu de 30d).

 

 

le sac de couchage

 

L'offre est énorme, mais dans l'optique d'un marcheur léger, je vais ne parler que des sacs en duvet pour une limite de température de confort supérieure à -7° (les sacs en synthétiques sont trop lourds et encombrants pour les mêmes performances). Cette idée de "température de confort" est très subjective et variable selon les fabricants malgré les normes et doit donc être prise avec beaucoup de méfiance.

 

Ce qui fait l'isolation d'un sac, c'est la quantité d'air immobile qu'il emprisonne. En pratique, c'est la quantité de duvet, sa qualité exprimée en CUIN (plus l'indice est élevé, de 600 à 900, plus le duvet est gonflant, donc isolant) et la construction du sac (cloisonnement ou non, c'est-à-dire des coutures qui ne traversent pas le sac; aujourd'hui, la plupart des cloisonnements se font en forme de "H", avec une petite cloison intérieure cousue entre les enveloppes intérieures et extérieures).

 

Un sac peut être muni d'une capuche ou non et d'une fermeture zip plus ou moins longue. Chez les marcheurs légers, la tendance est plutôt au quilt, c'est à dire à un sac sans capuche s'ouvrant aux 3/4 que l'on utilise l'ouverture en dessous en dormant directement sur le matelas (un sac à viande est alors un confort supplémentaire très appréciable); l'idée est que le duvet compressé sous le dormeur n'isole que très peu et qu'il est donc inutile. Ces quilts peuvent être munis de fermetures éclair, ce qui leur permet de servir aussi de sac classique, ou d'œillets et de cordelettes pour éviter le glissement durant la nuit. Cependant, si vous craignez les courants d'air, un sac classique reste une bonne solution.

 

Le duvet supporte mal les nettoyages, aussi soigneux soient-ils, car l'eau et les détergents agglomèrent les très fines lamelles du duvet, ce qui réduit son pouvoir gonflant et donc son isolation. Aussi est-ce une bonne idée d'utiliser un sac à viande qui apporte un ou deux degrés mais surtout limite l'encrassage. Il en existe de très légers en mélange de soie-coton de la marque Cotenor (Vieux Campeur); évitez ceux en soie pure, très fragiles, et ceux en fibres synthétiques, beaucoup trop lourds (sauf dans les pays tropicaux où ils peuvent remplacer le sac de couchage). Dans la même veine, il est primordial de conserver un duvet sec: sac de transport étanche et séchages réguliers sont impératifs (le corps dégage de l'humidité durant la nuit). Par contre, n'attachez pas trop d'importance aux traitement hydrophobes qui sont d'une utilité douteuse.

 

Une idée de base de l'ultra léger que chaque article devrait avoir plusieurs utilisation s'applique aussi au sac de couchage: pourquoi prendre un sac très chaud, donc plus lourd et plus cher, alors qu'on peut dormir avec sa petite polaire et un bonnet, voire sa doudoune pour les nuits les plus froides?

 

Préférez un sac avec une fermeture au moins aux 3/4 afin de pouvoir aussi l'utiliser par temps plus chaud et ne soyez pas obsédés par la crainte du froid: on dort tout aussi mal en ayant trop chaud que trop froid!

 

Pour conclure, un bon sac est cloisonné, avec une charge de duvet d'autant plus importante que son cuin est mauvais (c'est à dire bas, vers 600 cuin): 380gr de duvet permettent de bien dormir par:

  • -7° avec un duvet de 900 cuin (le top),
  • mais seulement à 0° avec un cuin de 650.

 

Le prix varie en conséquence: environ 200€ pour un sac de 400gr de duvet à 650 cuin à environ 420€ pour du duvet de 900 cuin. Un sac de couchage de marcheur léger ne devrait pas dépasser 1Kg au grand maximum et on peut parvenir à moins de 500gr.

 

Les tissus intérieurs et extérieurs sont sans intérêt: tous les fabricants corrects utilisent des matériaux qui conviennent à cet usage.

 

Personnellement, j'utilise le plus souvent un sac sans capuche utilisable en quilt avec 260 gr de duvet à 900 cuin. Il pèse 440gr et coûte 400€ chez Zpack. J'uitilise toujours un sac à viande Cotenor soie-coton de 100gr plus un bonnet et y ajoute, selon les besoins, un Tshirt, une polaire ou la doudoune, le tout me permettant de bien dormir jusqu'à -5°.

 

N'oubliez pas que le duvet ne doit pas être compressé plus longtemps que strictement nécessaire: ouvrez le sac dès l'arrivée aux camps et stockez-le bien déployé.