Négocier un passage dangereux

Glisser

 

Vous apprendrez vite à reconnaître les terrains glissants, mais voici une petite liste non limitative des pièges à éviter:

  • ·         toute pierre ou sol de teinte verte est louche: les mousses, algues ou lichens microscopiques sont glissants.
  • ·         Le bois mouillé est toujours très glissant: attentions aux racines, évitez de poser le pied dessus.
  • ·         Toutes surface en devers est un piège.
  • ·         Testez un terrain douteux en pivotant la plante du pied sur le sol: vous sentirez si cela tient ou non.
  • ·         Si vous rencontrez un escalier ou une échelle métallique mouillé, tenez la rampe.

La neige (de printemps).

 

 Il pourra arriver que vous ayiez à traverser un névé de neige dure. Regardez bien la surface: matte, c'est de la neige, c'est sans doute passable; brillant, c'est sans doute de la glace: vérifiez à la main et ne vous y risquez pas sur de la glace sans vrais crampons, piolet et connaissance des techniques de glace.

 

Sur la neige, si vous avez emporté des (mini) crampons, posez le pied à plat en faisant de petits pas. Sans crampons, ne passez que sur les pentes modérées et que si la neige vous permet de creuser une petite marche en tapant avec le bord ou le talon de la chaussure à chaque pas; à défaut de piolet, utilisez un bâton de marche sans rondelle ou un simple bâton de bois tenu aussi bas que possible pour vous assurer à chaque pas en le plantant d'au moins 20cm côté amont (haut) de la pente. Ne déplacez un pied que lorsque le bâton est planté: c'est lent, mais une glissade est très difficile à arrêter sans piolet.

 

 Les petites chaines à mettre sous la chaussure sont prévues pour les trottoirs: en marche, elles donnent une fausse impression de sécurité dangereuse. Les mini crampons (type Vargo titane, 110gr) sont utilisables avec précaution et en modifiant le système d'attache pour éviter tout risque de sortie du pied (voir www.sahibvoyageur.fr/pacific-crest-trail/logistique/matériel/). Il existe désormais de vrais crampons 10 pointes assez légers (marque Leopard, 384 cgr la paire). Le piolet de randonné Corsa de la marque Camp reste le plus léger du marché (205 à 250gr); là aussi, réservé à la neige, pas à la glace.

 

Avant de vous lancer sur une partie enneigée, assurez vos arrières: il est plus facile de monter sur neige que de descendre, alors, si vous n'êtes pas sûrs que la descente de l'autre coté du col soit réalisable, ne montez que si vous pouvez redescendre par le même itinéraire sans risques exagérés.

 

Sur une traversée en neige où il y a des traces, méfiez-vous des petits matins froids: le fond des traces est probablement en glace, donc glissant.

 

Et si vous êtes tentés par une belle glissade à la descente, prévoyez ce qui va se passer en bas.

 

Les gués

 

 Passer un gué requiert de l'attention si le niveau de l'eau dépasse la cheville et qu'il y a du courant. D'abord, étudiez le passage: courant, pierres ou gravier au fond, profondeur, température, profil du cours d'eau en aval, entrée et sortie de l'eau.

 

Commencez par imaginer ce qui va se passer si vous tombez: pourrez-vous vous relever, le courant va-t-il vous entraîner, jusqu'où, dans des zones dangereuses ou non? Si une chute n'entraine qu'un bain forcé sans grand risque, vous pouvez garder votre sac normalement sur le dos, mais si le courant est fort et/ou le profil dangereux il faut être prêt à sortir du sac très vite: donc ni ceinture ni attaches de poitrine. Si vous êtes deux et avez un cordelette, vous pouvez l'attacher au sac pour garantir sa récupération; par contre, ne tentez pas de vous attacher vous: une cordelette ne peut pas vous retenir. En cas de chute, il faut adopter deux attitudes différentes selon le profil du cours d'eau:

 

 a) sur un profil sans risque (courant modéré et absence de rochers ou de rapides) placez-vous face au courant, tentez de vous relever et si vous ne pouvez pas, pédalez en crabe vers le bord le plus proche qui permet de remonter sur la berge (d'où l'importance d'avoir étudié le passage avant).

 

b) avec un courant fort et des rochers ou rapides, mettez-vous immédiatement sur le dos, face à la descente, les pieds en avant pour amortir tout contact avec des rochers, sortez du sac à dos et attendez d'être dans une zone plus tranquille pour rejoindre le bord. Conséquence logique: ne tentez pas un gué risqué en amont d'une zone de rapides potentiellement mortelle.

 

 Attention: la pression de l'eau sur un marcheur augmente beaucoup plus vite que le niveau apparent de l'eau: au genoux, c'est fort, à mi-cuisse c'est très fort et dès que cela arrive aux hanches, c'est presque incontrôlable s'il y a du courant. Pensez aussi aux trous et sondez à chaque pas si vous ne voyez pas le fond.

 

Passer un gué un tant soit peu profond demande quatre appuis, donc deux bâtons pour une personne ou deux personnes se tenant mutuellement aux épaules. Dans les deux cas, on ne déplace qu'une seul appui à la fois. Une personne seule passera de profil par rapport au courant. Deux personnes ensemble peuvent passer de profil, ou de face/dos si l'eau est en-dessous des hanches.

 

Sauf gué facile, n'enlevez pas vos chaussures: ce n'est pas le moment de glisser ou de faire un faux pas en marchant sur un cailloux pointu.

 

Si l'eau est glacée, le risque est multiplié car en cas de chute vous allez perdre très rapidement vos moyens: enfilez votre tenue de pluie pour ralentir le choc thermique. Faites aussi attention aux arbres tombés dans l'eau: il est très dangereux de se trouver entrainer par le courant dans de tels abattis: ne passez pas en amont.

 

Le débit des torrents issus de glaciers varie fortement en fonction de l'heure: il est au plus haut en fin d'après midi, lorsque le glacier s'est réchauffé et que l'eau a eu le temps de descendre. Donc, si un tel torrent est trop haut en journée, attendez le petit matin: il sera nettement plus bas.

 

 Cas particulier des gués profonds avec peu de courant en été: sur de petites rivières, il peut être amusant de passer en gué profond ou même à la nage, le problème étant le sac à dos: si vous avez un sac étanche ou un sac poubelle à l'intérieur du sac à dos, vous pouvez gonfler le matelas de bivouac et attacher le sac à dos dessus avec une cordelette, les bretelles vers le haut pour les garder sèches: il ne vous reste plus qu'à pousser si vous avez pied. Si vous devez nager, il vaut mieux garder un bout de cordelette pour remorquer le sac en ayant les deux bras libres pour la nage. N'oubliez pas de transférer tout ce qui craint l'eau des poches extérieures  vers l'intérieur.