La préparation pour le CDT

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Table des matières:

 

La préparation:

  • Comment le faire: tout ou en partie, en une ou plusieurs fois.
  • La difficulté: pour qui?
  • Le calendrier et le sens de marche.
  • préparation physique

Le plan de marche

  • Tableau des étapes
  • Commentaires sur les variantes
  • Plan de marche paramétrable

Les démarches

  • Démarches préalables.
  • le budget.

Alimentation, eau et santé

 

Le matériel

 

Orientation, cartes et GPS

 

Le mental

 

COMMENT LE FAIRE

 

Il est très tentant de pouvoir dire que l'on a "fait" le CDT d'un bout à l'autre, si possible en une saison, mais à quel prix?

 

a) en une saison: évidemment, cela vous classe dans les thruhikers et c'est flatteur. MAIS pour le faire, il fait partir tôt, durant la première quinzaine d'avril le plus souvent, et cela implique, les années moyennes, de trouver de la neige sur plusieurs tronçons, dont les Montagnes de San Juan. Or, la neige du Colorado est souvent pourrie au printemps et expose ceux qui y marchent à s'enfoncer souvent jusqu'au genoux, voire plus, ce qui est épuisant. De plus les San Juan avec de la neige sont très délicats à négocier, voire, à mon avis, impossibles sans risques rédhibitoires s'il y a plus que trente centimètres de neige, du moins avec l'équipement d'un marcheur léger. De plus, comme il est impératif d'arriver à la frontière canadienne avant les neiges, c'est-à-dire fin septembre dernier carat et de préférence mi-septembre, on n'a pas de temps pour les imprévus ou pour une repos un peu prolongé. Faire le CDT en deux fois ou plus permet à l'opposé de passer partout aux meilleurs moments, de s'attarder dans les lieux que l'on préfère et de se reposer quand et aussi longtemps qu'on le veut sans avoir la pression de se dire qu'il faut avancer sous peine de ne pas arriver à temps.

 

b) tout faire: là aussi, c'est flatteur et la communauté des marcheurs nous pousses implicitement à adhérer à l'éthique du "continous footsteaps", c'est-à-dire à l'idée que le chemin doit être parcouru à pied sans interruption, le marcheur revenant toujours au point où il avait abandonné le CDT pour se ravitailler avant de continuer et sans jamais sauter la moindre section... MAIS cela veut dire marcher sur d'interminables pistes carrossables dans le désert et se taper un certain nombre de kilomètres de goudron. Personnellement, je refuse le goudron et fait du stop si je peux. J'ai marché sur les pistes carrossables, mais en râlant. Si c'était à refaire, je crois que je referai tout de même le désert du début (Crazy Cook à Lordsburg) car même si c'est monotone, c'est une découverte; par contre je sauterai la partie entre Pie Town et Grant (136Km)  ainsi que la section de Encampment à Atlantic City (477Km) qui sont toutes les deux des passages de désert sans aucun intérêt.

 

 Si le PCT se déroule presque entièrement dans des réserves, des parcs ou des lieux protégés, le CDT passe à travers de nombreux ranchs privés et près ou dans de nombreuses villes. Cela signifie que la présence humaine y est beaucoup plus forte, y compris la présence de véhicules (4x4, quads, VTT ou motos).

 

A l'inverse, de nombreuses section sont fantastiques: la Gila RIver, les 60Km avant Cuba,  les San Juan,  le Wind River Range, Yellowstone et le parc des Glaciers par exemple. En fait, je dirai que le Nouveau Mexique est plutôt ennuyeux sauf certains passages alors que le reste est fantastique... sauf certains passages. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai pas terminé la première section avec l'impression d'émerveillement global que j'avais ressenti sur le PCT. Par contre la deuxième partie (Montana, Idaho, Wyoming) m'a laissé bouche bée.

 

 ça, ce sont les désagréments: longs passages monotones et 4x4 sur le chemin

 

MAIS

aussi une majorité d’endroits merveilleux: voyez le Journal de marche


LA DIFFICULTÉ

40° et 8% d'humidité !

Une trace qui parfois disparaît

quelques rares passages dangereux

des gués parfois délicats

 

D'abord, déconstruisons une légende: le site du CDTA et de nombreux blogs présentent ce parcours comme une aventure sauvage, un terrain vierge où il faut chercher sa propre voie. C'était sans doute vrai il y a cinq ans seulement, mais, à de rares exceptions près, c'est faux aujourd'hui: le CDT emprunte de nombreuses pistes carrossables et chemins bien tracés, il est souvent bien signalé sur le parcours "officiel" (celui en rouge sur la carte Bear Creek) et toujours très bien cartographié, avec une excellente trace GPS comportant de nombreuses indications pratiques détaillées (croisements, routes, points d'eau, barrières et points remarquables); de nombreux cairns et balises marquent le chemin et le simple passage de plusieurs centaines de marcheurs imprime une empreinte bien visible sur le sol.  La trace passe par de nombreuses villes et routes donnant facilement accès à des villes moyennant un peu de d'autostop très facile, en moyenne tous les 4 jours sans jamais vous obliger à porter plus de 6 jours d'autonomie (à ma vitesse en tous cas).

 

Par ailleurs, le kilométrage "officiel" est trompeur car entre les fermetures pour cause d'incendie ou de risque d'incendie (il y en a toujours) et les variantes plus intéressantes, comme la Gila River plutôt que les Blacks Mountains, le marcheur fait toujours une parcours plus court.

 

N'allons cependant pas trop loin dans l'autre sens: ce n'est pas non plus une ballade dans une forêt française. Quelles sont alors les vrais difficultés?

 

  • ·      La chaleur sur les partie de désert (4 jours au départ, les 60 Km avant Cuba, les 480Km du Divide Bassin autour de Rawlins): il peut faire 35-40° avec une humidité de 10%.
  • ·         Le manque d'eau sur de nombreuses section, soit qu'il s'agisse de désert, soit que l'on soit sur une longue crête par définition sèche. Il est ainsi souvent nécessaire de porter entre 3 et 5 litres d'eau, voire plus pour les gros buveurs ou si on prévoit un bivouac sec.
  • ·         Quelques passages, surtout dans les prairies d'altitudes, demandent de savoir lire une carte et utiliser un gps/boussole car la trace disparaît au profit de cairns parfois espacés, voire absents, alors qu'il est important de retrouver le fil pour la prochaine descente ou montée.
  • ·         Quatre courts passages au moins, dont le Knapsack col qui est en option, sont réellement dangereux car ils impliquent une descente sur des terrains pentus et instables où une chute serait grave et où rester debout est plus une question de chance que d'habileté (mais il en faut quand même: sujets au vertige s'abstenir). Il est cependant possible de contourner trois de ces passages, qui font moins d'un kilomètre à chaque fois, au prix d'un petit détour.
  • Certains gués peuvent, selon la saison, devenir difficiles, voire impossibles en raison de la fonte des neiges qui les alimentent.
  • La présence de neige, selon les années et les sections, peut rendre le parcours épuisant en cas de neige pourrie où l'on s’enfonce, ou dangereux en cas de neige dure et gelée: dans ce cas des mini crampons, voire de vrais crampons, et un piolet peuvent devenir nécessaires.

Donc, pour conclure, le CDT est accessible à tout marcheur confirmé correctement équipé sachant lire une carte et utiliser un gps/boussole et capable de porter normalement 4 jours de nourriture et 3 litres d'eau (5 sur de courtes distances) en faisant en moyenne 30Km par jour au moins. Il ne faut pas être sujet au vertige. En pratique, presque tous les marcheurs qui s'engagent sur le CDT ont déjà à leur actif au moins une longue marche de plusieurs mois (sur ce sujet, lire mon texte sur le fatigue de fond dans la section PCT).


LE CALENDRIER, LA NEIGE et la direction de la marche

 

Le calendrier dépend avant tout du sens de marche que vous avez choisi... ou inversement!

 

Pour un CDT Nobo, c'est à dire Sud-Nord, choix très majoritaire, le départ se fait entre fin mars et début mai. Le sens Nobo est plus logique dans la mesure où l'été nous accompagne dans notre progression vers le Nord, mais il y a plus de monde, ce qui est un avantage ou un désavantage selon vos préférences (tout est relatif: du monde sur le CDT, cela signifie 5-10 marcheurs répartis sur l'étape du jour; on peut, si on la souhaite, marcher seul toute la journée et, la plupart du temps, camper seul).

 

Pour un CDT Sobo, c'est à dire Nord-Sud, il est en général impossible de partir avant juillet en raison de la neige. C'est un choix plus risqué car il vous place dans les montagnes du Colorado au début de l'automne, à un moment où des chutes de neige précoces peuvent fermer le chemin. Pour un départ Sobo, c'est la couverture neigeuse dans le Parc des Glacier, à la frontière canadienne, qui commande: impossible de partir avant que les chemins soient praticables; deux sites (en anglais) pour connaître l'état de l'enneigement: le site du parc et ceux, excellents, du site Postholler qui propose deux lectures: un graphique unique couvrant tout le CDT et qui donne une vue d'ensemble et une carte Google dont les "skins" en haut à gauche permettent de voir la profondeur du manteau et sa densité, deux paramètres plus parlants que l'équivalent eau (snow water equivalent ou SWN) souvent utilisé.

 

Le CDT prend en moyenne entre 4 et 6 mois pour être parcouru en totalité. Il mesure entre 4.200 et 4.800 Km selon les choix d'itinéraires et comporte approximativement 113.000 mètres de montées.

 

Deux cas de figure: soit vous bénéficiez d'une grande souplesse pour choisir vos dates, soit vous avez des contraintes qui vous forcent à fixer ces dates longtemps d'avance.

 

Si vous êtes libre de partir quand vous voulez, vous pouvez attendre que la neige dans le parc des Glaciers fonde (sens Sobo) ou choisir votre date pour un départ Nobo à la frontière mexicaine. Partir tôt, vers le début avril, permet de traverser le désert au (presque) frais et laisse du temps pour les imprévus, mais augmente les chances de devoir soit attendre la fonte des neiges au début du Colorado, soit contourner les montagnes de San Juan, ce qui est bien dommage. Partir tard, vers fin avril, est plus sûr, mais laisse moins de temps pour les imprévus et les repos si l'on veut être sûr d'arriver avant la neige à la frontière canadienne.

 

Dans tous les cas, il faut rester souple et ne pas s'obstiner sur les choix faits au départ: les conditions météo obligent bien souvent les marcheurs soit à attendre, soit à sauter une section trop enneigée pour y revenir plus tard, soit encore à changer de sens en allant par exemple pour un Nobo directement à la frontière canadienne et à repartir en Sobo, ce qui m'est arrivé en juin 2019.

 

La préparation physique

 

Le CDT est une entreprise de longue haleine: pas la peine d"'arriver dans une forme olympique, vous aurez tout le temps d'acquérir vos jambes de marcheurs... en marchant, ce qui reste la meilleure préparation. Il faut tout de même démarrer dans de bonnes conditions. Pour cela, je conseille:

  • une visite chez votre ostéopathe pour (re)mettre votre structure osseuse bien en équilibre.
  • si vous avez un déséquilibre de posture, même très léger, faites-vous faire des semelles sur mesure par un podologue du sport.
  • de vous assurer que vous pouvez faire au moins 25 Km avec un sac de 10kg sans trop de fatigue. Dans le cas contraire, marchez, marchez, marchez: rien de mieux pour vous préparer.
  • Si vous avez des craintes sur la solidité de vos genoux et/ou chevilles, bien que n'étant pas médecin, je me permet de conseiller la pratique du vélo: les efforts sans a-coups qu'il permet m'ont personnellement guéri de tendinites récurrentes.
  • vous allez perdre quelques kilos en cours de route: il n'est pas idiot de commencer avec un léger surpoids (léger hein, du genre 2-4Kg).
  • en fonction de votre âge et de votre sportivité, comptez entre 10 et 15 jours de marche pour arriver au meilleur de votre forme; durant cette période, augmentez progressivement votre kilométrage sans tenter un démarrage foudroyant.
  • Si vous avez déjà une excellente forme physique... méfiez-vous. La tentation est forte de partir très vite mais une telle tactique conduit souvent à l'épuisement au bout de 3-4 semaines et à l'abandon; cet accident est plus fréquent chez les jeunes marcheurs sportifs et impatients.